Les Tulipes et le jardin

La Maison de la Nature accueille dans son jardin la Tulipe de Guillestre, suite à la redécouverte de cette plante endémique en 1995.

Présentation de l’espèce

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La Tulipe de Guillestre (Tulipa platystigma) est une plante de 20 à 40 cm à feuilles larges, glauques et ondulées. Sa fleur campanulée, de couleur lilas-violacé, présente une macule bleue métallique à liseré blanchâtre à la base des pièces florales. Les sépales se terminent par une petite pointe, les pétales sont obtus. Ses étamines portent des anthères violacées et ses stigmates sont épais, blanchâtres et aplatis, ce qui lui vaut son nom latin (platy = aplatis, stigma = stigmates).

Son origine géographique précise et sa naturalité sont encore incertaines. Son arrivée dans le Dauphiné fait l’objet de nombreuses hypothèses. Elle pourrait être originaire des cultures de blé, ou encore provenir de l’importation de bulbes de safran depuis le Moyen-Orient, au 16°s. En tout état de cause la tulipe de Guillestre constitue un élément majeur du patrimoine culturel du Guillestrois. Endémique

française des Hautes-Alpes aux environs de Guillestre, elle fût décrite par Jordan en 1855.

Disparition, redécouverte, conservation…V Tulipe 8

Signalée une dernière fois en 1884, les botanistes ne la virent plus pendant plus d’un siècle et ce n’est qu’en 1991 qu’elle fût redécouverte. Il ne subsiste aujourd’hui qu’une seule station. La population est donc très précaire et est menacée activement par le prélèvement de bulbes, la cueillette et une fauche précoce, ainsi que, potentiellement, par la fertilisation azotée et l’irrigation par aspersion de la parcelle.

Dès 1991, le CBNA (Conservatoire Botanique National Alpin) a prélevé des bulbes dans le but de les cultiver, de les multiplier et de sauvegarder l’espèce.

Sur le terrain, des mesures ont été proposées (Mesure Agri-Environnementale Natura 2000) pour permettre à la plante d’accomplir son cycle sans perturbation : retard de fauche sur la parcelle, limitation de la fertilisation azotée et réduction de l’arrosage par aspersion.

La tulipe de Guillestre à la Maison de la NatureV tulipe

En 1997, le CBNA et la Maison de la Nature des Hautes-Alpes ont signé une convention de partenariat.

Une douzaine de bulbes ont été confiés à l’association qui a tout mis en œuvre pour les multiplier : les fleurs sont coupées après floraison pour éviter la reproduction sexuée et l’hybridation avec d’autres espèces. Les feuilles continuent ainsi leur travail de photosynthèse au seul bénéfice du bulbe, qui grossit et produit à sa base des petits bulbilles. En juillet, les bulbes sont sortis de terre et les bulbilles en sont séparés. Bulbes et bulbilles sont replantés à l’automne. Les bulbilles mettront 3 à 4 ans à grossir et donner une nouvelle fleur.

Aujourd’hui, on estime à plus de 3000 le nombre de bulbes dans le jardin de la Maison de la Nature. Les parcelles se sont agrandies et multipliées.

Les autres tulipes

Les tulipes de Guillestre ne sont pas les seules habitantes de notre jardin : des tulipes de Savoie y poussent également : la tulipe de Maurienne (Tulipa mauriana), la tulipe d’Aime (Tulipa aximensis), la tulipe de Billiet (Tulipa billietiana) et la tulipe de Didier (Tulipa didieri)

Visites :V Tulipe 4

Outre le travail de bulbiculture, à chaque floraison la Maison de la Nature ouvre ses portes au public. Tous les ans, des centaines de personnes visitent notre jardin au printemps. Voir notre agenda.